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IMAGINE

L'auto sabotage, principal écueil à une vie zen

Mis à jour : avr. 14



"Pour parvenir à mener une vie zen, passionnante et épanouie, sans problème d’organisation ou de gestion du temps, il faut contourner la part de nous-même qui, consciemment ou non, a peur du changement, de l’inconnu.


Souvent, on a le réflexe de rechercher une meilleure organisation comme un objectif. Or, une meilleure organisation n’est qu’un moyen ; ça ne doit pas être un objectif en soi. La recherche d’une meilleure organisation est juste un moyen pour atteindre un objectif (qui peut être de faire plus de choses, de consacrer plus de temps aux autres, à soi-même ou à un projet, de trouver un épanouissement, etc.).


Se donner l’objectif d’une meilleure organisation en tant que telle c’est se tromper de cible. Or, souvent, on se contente de rechercher une meilleure organisation. Pourquoi ? Parce que ça évite de réfléchir. Car réfléchir à sa vie peut être douloureux. Courir tout le temps, multiplier les actions, empiler les tâches est plus simple. Alors les bonnes raisons de ne pas prendre le temps de faire le point sont légion et constituent les principaux freins à une vie antistress, c’est-à-dire zen et épanouie.

Ayant moi-même été confrontée au problème, je retrouve systématiquement chez les femmes qui me consultent un ou plusieurs obstacles qui sont autant de sabotages inconscients destinés à se polariser sur « l’organisation » et non pas sur la recherche des sources du stress, de l’origine du problème. Souvent, cela revient tout simplement à « reculer pour mieux sauter »… dans le vide et sans parachute !


Se focaliser uniquement sur l’organisation sans chercher l’origine profonde du problème permet d’affirmer haut et fort « je suis hyper organisée » ou « j’ai juste un problème d’organisation ».

Ah oui ?


Petit florilège d’auto sabotages inconscients :

« Pas le temps ! »


Quand arrive la sensation de manquer de temps, de ne pas avoir la bonne organisation, de toujours courir et de ne pas respecter son rythme, on commence par… mieux s’organiser. C'est-à-dire définir ses priorités, planifier, faire des To-do-lists (listes de tâches à faire), chasser les « temps morts » et autres « voleurs de temps ».


Pour ce qui me concerne, j’ai lu à une époque (lointaine maintenant) plus d’une centaine d’ouvrages sur la gestion du temps, les méthodes d’organisation jusqu’aux plus pointues, souvent venues d’Amérique du Nord. J’ai dévoré tous les livres du physicien Etienne Klein (1) sur le temps et le souvenir de la lecture du livre d’Umberto Eco « Comment voyager avec un saumon ? » reste gravé dans mon esprit. Je suis longtemps restée incollable sur les secrets de la méthode GTD (Getting Things Done), une pro du jonglage entre agendas, une fervente utilisatrice des mindmaps et des graphes de Gantt et autres synopsis.


Mais répétons-le : planifier et s’organiser ne suffit pas. Car en se contentant de cette approche, on ne remonte pas jusqu’à la source du problème (j’y reviendrai). Simplement, ça rassure, ça met un cadre au malaise sous-jacent.

« Pas d’argent. »


Souvent, on pense que le souci vient du manque d’argent. On aimerait pouvoir « travailler moins avec le même salaire » pour se dégager du temps pour soi, par exemple. Ou alors on se sent obligée de faire des choix, par exemple « entre le coiffeur et de nouvelles chaussures » ou « entre les activités sportives et culturelles des enfants et des séances de bien-être».


Et, bien sûr, on opte pour les activités des enfants et pour le sentiments de sacrifice qui en résulte toujours quelque part, largement préféré au sentiment de culpabilité que l’on aurait dû gérer si on avait opté pour des séances de bien-être !


Or, travailler sur soi, rechercher les sources des problèmes ou du mal-être, n’est pas une dépense. C’est un investissement – toujours bien placé – sur l’avenir. Plus on attend, plus l’investissement risque d’être lourd.


Que représentent financièrement quelques séances de bien-être ou même de pratique d’un hobby, de sport énergétique (yoga, Qi gong) ou de thérapie au regard de quelques séances chez le coiffeur ? Pour quels bénéfices ? Les bénéfices de l’investissement dans un travail sur soi (pour soi) sont toujours rendus au centuple. Soit parce que ce travail –ne serait-ce que de réflexion et de prise de conscience- nous libère de nos soucis (stress, maux physiques etc.), soit parce qu’il nous évite les galères de soins en consultations d’urgence à venir, pour nous ou pour les enfants, si on laisse une situation s’enfoncer dans la boue du quotidien sans régler le problème de fond.

« Pas besoin ! »


« Je sais me débrouiller toute seule. Pas besoin de palabrer pour avancer ». Certes. Mais si on y réfléchit bien, combien de temps passe-t-on par jour dans un bureau à « palabrer » de choses et d’autres autour d’un café ? …Comme me le faisait remarquer un compère Belge, estomaqué par la « religion des palabres » dans les bureaux des entreprises françaises.

Se débrouiller toute seule avec ses méthodes d’organisation (ou pire, n’écouter que les bons conseils toujours aléatoires des bonnes copines - qui galèrent comme nous mais ont toujours de meilleures solutions), c’est se priver d’une ouverture sur une autre vision du monde, d’un changement de perspective.

« Pas pour moi. »


« Oh moi, le côté introspection, pas mon truc ! » est une expression qui n’est pas rare. Là encore, on se sent plus à l’aise dans l’action, quitte à empiler les tâches et les projets et à mobiliser son énergie à « en faire toujours plus ». Pourtant, se poser un peu pour rechercher le problème à sa source n’empêche pas l’action. Au contraire, cela va permettre d’être plus efficace dans l’action et de faire le juste choix sans se disperser.

« Pas le droit. »


«Avec tout ce que j’ai comparé aux autres, je n’ai pas le droit de me plaindre ». Nous y voilà. Le mythe de la superwoman, bien ancré, depuis les premiers combats pour les droits des femmes.

Nous devons batailler à l’école pour avoir les meilleures notes, puis batailler après nos études pour trouver un job (toutes celles qui sont passées par des entretiens de recrutement conduits par des hommes savent à quel point une femme doit justifier… le fait d’être une femme) ; puis batailler pour nos enfants, puis batailler pour progresser dans notre carrière, puis batailler pour…


Maintenant que nous avons tout (ou presque (2)), nous n’avons pas le droit de flancher ou de nous écouter. Le mythe de la superwoman est un mélange de croyances ou d’injonctions, souvent silencieuses, inculquées dès le plus jeune âge par la société ou l’éducation (tu as déjà de la chance d’avoir ce que tu as, tu dois être parfaite -les perfectionnistes-, la vie est un combat, etc. Au même titre que « les garçons sont meilleurs en maths » ou « les filles sont plus douées en français »).

Donc, dans une société occidentale au comportement somme toute globalement très masculin (les valeurs de dynamisme, d’action, d’efficacité sont essentiellement promues), se plaindre, « ne pas y arriver », c’est un peu se mettre en mode « looser ». Impossible…

« Même pas peur ! »


Nous avons de nombreuses raisons, au cours de notre vie, d’avoir peur. La peur de ne pas y arriver (la fameuse « peur de l’échec »), la peur de se faire licencier ou de manquer d’argent, la peur des relations sociales (conflits, timidité…), la peur de vieillir, la peur d’être trahie, la peur de la mort lorsqu’on y est confrontée, la peur d’être malade, la peur des voyages, la peur de l’inconnu…

Toutes ces peurs sont enfouies dans notre quotidien et dans notre inconscient. Evidemment, l’idée n’est pas d’exprimer ses peurs tous azimuts. Arriver au petit déjeuner en disant « tiens, aujourd’hui, j’ai peur de la mort », ou « Ah, aujourd’hui, j’ai peur que tu me trahisses » ne serait pas à proprement parler constructif ou rassurant pour l’entourage !


Mais il se trouve que, dans un grand nombre de situations, la peur se trouve à l’origine de problèmes (d’échecs, de santé, de conflits, et même d’organisation, etc.). Se poser pour prendre le temps de remonter à la source des angoisses ou des situations est un premier pas vers une vie plus harmonieuse.

« Tout va bien dans ma vie »


Le « tout va bien », surtout prononcé avec un large sourire et des yeux qui expriment le contraire, relève de la bonne vieille Méthode Coué (3).


Le « tout va bien dans ma vie » peut fonctionner. Un certain temps. Car c’est aussi un formidable moyen d’occulter les problèmes. Réduire les différents défis qui jalonnent notre vie quotidienne et notre vie tout court à un simple problème de temps ou d’organisation est une manière de remettre à plus tard l’opportunité d’arriver enfin à une vie réellement en phase avec ses aspirations profondes.

Décider que tout est possible… Parce que tout est possible !


Tous ces obstacles, je les ai moi-même franchis. Le premier pas pour dépasser tous ces barrages à l’action est tout simplement la prise de conscience qu’ils existent. Ces attitudes ou postures mentales qui sont autant de sabotages inconscients et donc de barrières à l’accès à une vie sans stress, équilibrée et harmonieuse, peuvent être dépassées à partir du moment où on commence à en prendre conscience.


Il n’est pas rare que, parmi les femmes qui me consultent, certaines soient dans une démarche d’anticipation et de bien-être. Mais souvent, leurs consœurs, quand elles arrivent, sont au stade où elles ont dû faire face à des soucis de nature à détruire soit leur santé, soit leur estime de soi, soit leur couple, soit leur dernière énergie.


Or, même à ce stade, tout est encore possible. Mon travail est d’accompagner, mais la décision est celle de la personne et la capacité à remobiliser l’énergie fait partie de ses qualités intrinsèques.


L’expérience m’a appris que quel que soit le stade où nous en sommes (simple sensation de manque de temps, surmenage, anxiété, problèmes de couple ou relationnels, coups durs de la vie), le choix reste permis, les chemins infiniment variés et l’univers des possibles ouvert. Dès lors qu’on le décide."


*Extrait du livre Antistress, guide de survie pour femmes actives.


(1) Etienne Klein est l’auteur des livres Le temps, Le temps et sa flèche, Le temps existe-t-il ?, Les tactiques de Chronos, Le facteur temps ne sonne jamais deux fois, Le temps qui passe.

(2) En France, les femmes gagnent 27% de moins que les hommes à poste et études équivalents et touchent une retraite 20% moins élevée selon les sources INSEE.

(3) Emile Coué a formalisé le principe d’autosuggestion au XIXe siècle.





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